Bien avant que le monde des affaires et les grandes sociétés aient compris que l’image de leur activité était une fiction qui doit être soigneusement tatouée sur le sensorium du public, la presse représentait la société comme un ensemble d’actions en cours reliées par des heures de tombée et des dates. En dehors de la langue qu’ils utilisent, l’image de la société que créent les journaux n’a d’autre principe organisateur que la date. Sans la date, le journal d’aujourd’hui est semblable à celui d’hier. Et lire un journal vieux d’une semaine sans s’en rendre compte est une expérience déconcertante. Sitôt que la presse dit que la présentation des nouvelles n’était pas seulement une relation et une répétition des faits, mais une cause directe d’événements, il se mit à se produire des tas de choses.
— Marshall McLuhan, 1964
Picturing the Past 10 Years, by Phillip Niemeyer (art director at Double Triple, art and design studio), in The New York Times - 12/27/09.
Rarement journaliste aura mis tant de soin, de livre en livre, d’anecdote en anecdote, par bribes, par touches, une précision ici, un coup de gomme là, à se raconter soi-même, à décrire son parcours et son monde, à évoquer les êtres aimés ou admirés, et ceux qui l’ont aimée et ceux qui l’ont admirée. (…) Toute sa vie elle aura voulu tenir son rang. (…) Elle s’est intéressée aux êtres plus qu’aux concepts.
— Christine Ockrent, Françoise Giroud - Une Ambition française
Il y a quelque chose chez lui qui demande constamment réassurance, quelque chose d’indéfinissable où réside probablement une partie de la séduction qu’il exerce sur l’électorat féminin. Un petit garçon a peur dans le noir, et appelle. Jacques Chirac aime la vie, mais ce n’est pas un homme gai. Des ondes d’angoisse le traversent. Alors il mange. Bouffer, baiser… Le beau cheval noir sait encore se cabrer. Le ventre pointe sous le veston croisé, le cheveu devient rare, le sourire mécanique, mais à soixante-neuf ans, il est encore vif comme un scorpion quand il s’agit de piquer…
— Françoise Giroud, dans sa chronique-portrait de Jacques Chirac parue en 2001 dans Le Nouvel Observateur.




