Elle témoignait quelquefois d’une dureté et d’une méchanceté que je lui reprochais. Pour elle, la vie était un combat, une sélection d’espèces. Elle ne respectait que les gens qui s’affirmaient et elle savait qu’ils étaient des tueurs. Elle sortait ses griffes à tout moment et n’entendait pas ne pas être la première au courant de tout événement. Elle détestait ceux qui la quittaient et n’éprouvait guère de pitié.
— Laure Adler, Françoise (2011), biographie de Françoise Giroud.
Le secret qui a rendu Yves Saint-Laurent souverain de son époque, c’est qu’il hait la mode. La mode telle qu’on l’entend, métronome stupide qui bat l’année à deux temps - été hiver, hiver été- et qui voudrait croire qu’il donne le “la”. (…) Le “la” n’est pas là, si j’ose dire. C’est un son plus profond et plus prolongé, émis par un mystérieux diapason en harmonie avec l’air du temps.
— Les vingts ans du Petit Prince, Françoise Giroud. Portrait d’Yves Saint-Laurent paru en 1979 et réédité dans le Vogue spécial 90 ans (octobre 2010)
Rarement journaliste aura mis tant de soin, de livre en livre, d’anecdote en anecdote, par bribes, par touches, une précision ici, un coup de gomme là, à se raconter soi-même, à décrire son parcours et son monde, à évoquer les êtres aimés ou admirés, et ceux qui l’ont aimée et ceux qui l’ont admirée. (…) Toute sa vie elle aura voulu tenir son rang. (…) Elle s’est intéressée aux êtres plus qu’aux concepts.
— Christine Ockrent, Françoise Giroud - Une Ambition française
Il y a quelque chose chez lui qui demande constamment réassurance, quelque chose d’indéfinissable où réside probablement une partie de la séduction qu’il exerce sur l’électorat féminin. Un petit garçon a peur dans le noir, et appelle. Jacques Chirac aime la vie, mais ce n’est pas un homme gai. Des ondes d’angoisse le traversent. Alors il mange. Bouffer, baiser… Le beau cheval noir sait encore se cabrer. Le ventre pointe sous le veston croisé, le cheveu devient rare, le sourire mécanique, mais à soixante-neuf ans, il est encore vif comme un scorpion quand il s’agit de piquer…
— Françoise Giroud, dans sa chronique-portrait de Jacques Chirac parue en 2001 dans Le Nouvel Observateur.