Bixente

Paris, Bayonne, des gens et moi.

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Qui peut dire du mal du dernier jour de l’écriture d’un roman ? C’est un sentiment de bonheur qui me fait perdre tous mes adjectifs. Je pense parfois que la meilleure raison d’écrire des romans est de connaître ces quatre heures et demie qui suivent le mot final. La dernière fois que cela m’est arrivé, j’ai débouché un bon Sancerre que j’avais mis de côté et l’ai bu debout, la bouteille à la main, avant de m’allonger sur les pavés de mon arrière-cour et d’y rester un long moment, à pleurer.
— Zadie Smith
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Le récit de soi n’est pas simple transcription ou, au contraire, transformation du réel selon les choix arbitraires de l’auteur. C’est la recréation pleine et entière du vécu dans l’ordre du discours.
Serge Doubrovsky (inventeur du mot “autofiction”).
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Caressez longuement votre phrase et elle finira par sourire.
— Anatole France
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Je vois assez régulièrement se lever l’aurore (comme présentement), car je pousse ma besogne fort avant dans la nuit, les fenêtres ouvertes, en manches de chemise et gueulant, dans le silence du cabinet, comme un énergumène !
— Gustave Flauvert, Lettre à Madame Brenne (8 juillet 1876), évoquant son fameux gueuloir.
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Injecter de la fiction dans la réalité révèle ce que la réalité ne parvient pas à dire elle-même. Le réel est muet ; ce qui lui donne vie, c’est la littérature.
— Yannick Haënel, Il n’y a pas de limites à la littérature (Tribune parue dans Le Monde, 2011).
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Ecrire est une activité pénible et angoissante, qui nécessite, pour se rassurer, de trouver des guides.
Frédéric Beigbeder, Houellebecq - Portrait d’un iconoclaste (Le Figaro Magazine, 2010).
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Même l’acte solitaire qu’est l’écriture devient une excuse pour fréquenter les autres qui, à leur tour, alimentent la machine à fiction.
Seul. Avec les autres. Réalité. Fiction. C’est un cycle.
Comédie. Tragédie. Lumière. Obscurité. Elles se définissent mutuellement.
Chuck Palahniuk, Le Réel et la Fiction, préface du recueil de nouvelles Le Festival de la couille, et autres histoires vraies.
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Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.
— Rainer Maria Rilke
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Ecrire, c’est se prostituer. Se désaper, se montrer, s’exhiber. Vous donner envie, envie de continuer, de pénétrer plus avant, de dévoiler, de comprendre, de con-prendre. Vous dire ce que vous voulez entendre, vous tromper. Vous exciter et vous frustrer. Vous asticoter, vous énerver, vous balader, vous faire croire qu’on vous aime, vous faire mal et plaisir. Vous faire jouir et pleurer. Les métaphores : la lingerie fine. Les descriptions : le lubrifiant. Les aphorismes : les gâteries. Le tout pour 18 euros, avouez que ce n’est pas cher payé si la passe était bonne. Mais si je n’ai pas su, si je n’ai pas été à la hauteur du fantasme, vous repartirez déçu, avec le sentiment vague d’avoir été floué, comme un client qui n’a pas osé demander ce qu’il voulait vraiment et qui m’en veut de ne pas l’avoir deviné. L’écrivain est une prostituée, un objet de curiosité dont on se moque et que l’on craint. A la différence près que l’auteur, c’est dans les allées des salons du livre qu’il fait le tapin.

Zita Chalitzine, Un demi-monde meilleur, citation fictive en préface de :

Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Fourrure.