Les hommes, séduits par de belles apparences et de spécieux prétextes, goûtent aisément un projet d’ambition que quelques grands ont médité, ils en parlant avec intérêt, il leur plaît même par la hardiesse ou par la nouveauté qu’on lui impute, ils y sont déjà accoutumés, et n’en attendant que le succès, lorsque venant au contraire à avorter, ils décident avec confiance et sans nulle crainte de se tromper, qu’il était téméraire et ne pouvait réussir.
— La Bruyère, Les Caractères.
La demande de séduction n’est donc pas volonté d’être attiré plaisamment, mais bien celle d’être leurré par un mensonge mystifiant sa propre vanité.
— Christophe Mouton, Un garçon sans séduction
Il ne suffit pas de devenir un autre : il faut avoir le courage de devenir soi.
— Philippe Besson, Retour parmi les hommes.
L’amour dure toujours, une fois qu’il a commencé, même si nous en venons à haïr celui que nous aimons. L’amour dure toujours parce que l’amour naît dans une partie de nous qui ne meurt pas.
— Grégory David Roberts, Shantaram.
Les livres me protègent. Je peux toujours m’y recroqueviller, bien à l’abri, comme s’ils instauraient un autre univers, entièrement coupé du monde réel. J’ai le sentiment paradoxal que rien ne m’y atteint alors qu’ils me bouleversent d’une façon maladive, victime d’une sensibilité excessive à l’écriture.
— Mathieu Lindon, Ce qu’aimer veut dire (2011).
Celui qui n’est pas occupé à naître est occupé à mourir.
— Bob Dylan
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n’a fui les conseils sensés.
Vis maintenant !
Risque-toi aujourd’hui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d’être heureux !
— Pablo Neruda
Au fond de son âme de grand garçon inculte, recommence, pour le faire davantage souffrir, le combat de ces deux sentiments d’homme trop affiné (…) : un attachement presque maladif à la demeure, au pays de l’enfance, et un effroi de revenir s’y enfermer, quand on sait qu’il existe par le monde de si vastes et libres ailleurs.
— Pierre Loti, Ramuntcho.
Qu’est-ce que c’est, la fiction ? C’est un mouvement de libération de la réalité. C’est le point de départ d’une insoumission, d’une critique et même rebelle vis-à-vis de la vie telle qu’elle est. C’est la raison pour laquelle tous les régimes qui ont essayé de contrôler la vie, de la naissance à la mort, ont eu une méfiance viscérale à l’égard des fictions, surtout de la littérature. Ils ont créé des systèmes de censure. Ils avaient raison : la littérature rend une société très résistante à la manipulation, aux mensonges du pouvoir, au contrôle total auquel aspirent tous les régimes dictatoriaux. La fiction est cruciale pour l’esprit critique des citoyens.
— Mario Vargas Llosa
Nobody tells this to people who are beginners, I wish someone told me.All of us who do creative work, we get into it because we have good taste. But there is this gap. For the first couple years you make stuff, it’s just not that good. It’s trying to be good, it has potential, but it’s not. But your taste, the thing that got you into the game, is still killer.And your taste is why your work disappoints you. A lot of people never get past this phase, they quit. Most people I know who do interesting, creative work went through years of this. We know our work doesn’t have this special thing that we want it to have. We all go through this. And if you are just starting out or you are still in this phase, you gotta know its normal and the most important thing you can do is do a lot of work. Put yourself on a deadline so that every week you will finish one story. It is only by going through a volume of work that you will close that gap, and your work will be as good as your ambitions. And I took longer to figure out how to do this than anyone I’ve ever met. It’s gonna take awhile. It’s normal to take awhile. You’ve just gotta fight your way through